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Première édition du rapport du Conseil sur l’état et les perspectives du système d’éducation et de formation
Quelques jours après la publication de la première édition du rapport du Conseil sur l’état et les perspectives du système d’éducation et de formation, quelles sont, selon vous, les perspectives qui s’offrent à notre école ?
 

 
quelques réflexions sur le contenu du rapport [02/07/2008] [1 réponse(s)]
  Par: EL HAMDI Mohamed
Quelques réflexions sur le contenu du rapport du Conseil Supérieur de l’Enseignement

Avant que de nous livrer à quelques remarques sur ledit rapport, il est tout d’abord essentiel de signaler que l’instauration du conseil supérieur de l’enseignement (CSE) va sans doute créer une nouvelle dynamique au sein de notre système éducatif. Cette nouvelle dynamique aura nécessairement des répercussions bénéfiques sur l’évolution des réformes entreprises et sur la manière dont ces réformes seront gérées. D’abord le conseil supérieur de l’enseignement représente une instance constitutionnelle, cette instance aura donc la responsabilité constitutionnelle de suivre de prêt tous les aspects de fonctionnement du système éducatif et de donner avis sur toutes les questions en relation avec notre système de l’éducation et de formation. En quelque sorte il doit être aux aguets dès qu’il y a un dérapages ou un dysfonctionnements éventuels.

Pour mener à bien sa mission, le Conseil Supérieur de l’enseignement a créer l’Instance Nationale de l’évaluation du système éducatif, grâce à ses travaux d’évaluations et de recherches, le CSE se permettra d’abord de mieux instruire ses avis et ses recommandations, d’autre part, il mettra à la disposition des responsables administratifs et des décideurs un ensemble de données, de résultats et d’orientations, sur lesquelles ils peuvent documenter leurs décisions et définir des scénarios prospectifs pour l’amélioration du rendement et de la qualité des services du système éducatif. Ce qui est très important pour un système comme le notre, qui prenait souvent ses décisions sur la base des avis et opinions de ses acteurs.

Concernant le rapport, Je trouve que, globalement, Sur de nombreux points on ne peut, à mon sens, qu'être d'accord avec son contenu: le diagnostic est très détaillé et touche presque tous les aspects de fonctionnement du système éducatif. les résultats qui en découlent sont en parfaite harmonie avec les résultats d’autres études déjà réalisées, notamment le dernier rapport de la COSEF, le rapport sur l’état du système éducatif marocain supervisé par l’inspection général (affaires administratives en 2005) et le dernier rapport de la banque mondiale. Cela dit, malgré l’importance du contenu de ce rapport, je trouve très utile, d’évoquer les remarques ci-dessous :

Concernant les aspects qualitatifs du rapport

Si le rapport a cerné de manière minutieuse Les aspects quantitatifs du système éducatif, l’analyse des aspects qualitatifs à mon avis est restée très limitée. D’abord par une absence quasi totale de données empiriques issues d’études et d’évaluations des acquisitions des élèves, des curricula et des programmes scolaires. (il est à rappeler ici, que le ministère de l’éducation nationale avait programmé dans le cadre du projet BAJ de nombreuses études dans ce sens, notamment un programme national d’évaluation (PNE), l’évaluation des acquis des élèves de l’enseignement fondamental et la mise en place de banques d’items), malheureusement, ces études n’ont jamais pu voir le jour malgré leurs importances). Pour pallier à cette insuffisance, et pour approcher les performances qualitatives du système, les auteurs du rapport se sont basés sur les résultats des études internationales tels que PIRLS et TIMSS. Malheureusement, les résultats issues de ces tests ont été contesté par de nombreux spécialistes et éducateurs. On reproche à ces tests, la qualité de leur adaptation au contexte marocain ainsi que leurs conditions de passation et de correction. D’autre part, les résultats des tests invoqués dans ce rapport concernent une période où le système éducatif marocain connaît une transition caractérisée par le changement des programmes scolaires et des approches éducatives. Ce qui nécessitera une période de stabilisation du système pour pouvoir tirer des conclusions sur les progrès qualitatifs engendrés par les réformes entamées depuis la mise en œuvre des recommandations de la charte nationale d’éducation et de formation. A mon avis les prochaines participation du Maroc aux tests internationales ainsi que les résultats des tests organisés par la haute instance d’évaluation entamées récemment, pourront sans aucun doute nous éclairer de façon plus précise sur les aspects qualitatifs de notre système.

La problématique de l’équité du système éducatif

Un autre aspect de fonctionnement du système éducatif concernant l’équité dans la répartition des ressources publiques allouées à l’éducation a été absent dans les analyses de ce rapport. Malgré à ce qu’il constitue un enjeu politique majeur dans un pays en voie de développement comme le notre.
Les données concernant l’analyse de l’équité dans la répartition des ressources au sein du système éducatif marocain, émanant des études déjà réalisées pour le compte du Ministère ont montrés que le système éducatif marocain, comme celui des autres pays est caractérisé par une distribution inéquitable des ressources appropriées au sein d’une génération d’enfants, les valeurs du coefficient de Gini calculées pour les années 1990-91 et 2002-03 étaient respectivement de l’ordre de 0.64 et 0.45. La présence de cette caractéristique au sein du système éducatif, favorise l'existence d'un cadre structurel inéquitable dans le quel certaines variables liés à l'appartenance socioéconomique vont être déterminante dans le degré d'appropriation des ressources publiques destinées à l'éducation. Les recherches sociales ont montré que ce sont les enfants issus de familles aisées qui profitent le plus des dépenses publiques puisque ce sont eux qui prolongent plus leur scolarité. Il était donc, fondamentalement intéressant que les auteurs de ce rapport se penchent sur cette problématique afin de montrer dans quelle mesure les évolutions enregistrées au cours des dernières années ont conduit à réduire ou bien accentuer les inégalités dans la distribution des ressources publiques destinées à l’éducation. Surtout si l’on sait que toutes les données servant de base à ce genre d’analyse sont disponibles et ont été utilisés dans le rapport pour d’autres buts.

Des résultats pour des besoins de régulation du système

bien que, le rapport éclaire sur les performances et les défaillances du système, son apport en matière de régulation du système éducatif reste très limité puisqu’il n’insiste pas sur les processus qui ont conduit à ces résultats, processus dont la connaissance et l’analyse sont essentielles pour les gestionnaires du système. D’autre part le rapport ne développe pas de façon concrète les liens entre les produits du système éducatif (taux de scolarisation, acquisitions scolaires des élèves, ...) et la pertinence dans le choix des modes d’organisation scolaires qui ont des conséquences sur les efforts financiers consentis par l’Etats. Cette absence de lien renvoie en particulier à la problématique du choix des modes d'organisation scolaire les plus coût-efficaces d’une part, et à la possibilité d’adoption d’une politique de gestion axée sur les résultats par les différents niveaux administratifs du département de l’éducation d’autre part.

Concernant les recommandations

En plus des recommandations citées dans le rapport, qui sont toutes pertinentes, je vous suggère d’approfondir les débats sur les suivantes :

1. Instaurer la planification comme approche de gestion pour promouvoir l’éducation dans les AREF les délégations et les établissements scolaires. Son apport en matière de maximisation de la rentabilité du secteur éducatif est essentiel pour un secteur stratégique aussi important que le secteur éducatif pour le développement de notre pays. Toute improvisation ou dérapage dans ce domaine aura des conséquences néfastes, parfois irréversible sur la plus chère de nos ressources à savoir les ressources humaines et sur l’avenir de notre pays.
La planification offre à notre administration les outils nécessaires pour justifier, sur la base de données objectives l’opportunité de ses programmes d’action et partant d’être à même d’en négocier le financement aussi bien avec les autorités gouvernementales qu’avec les autorités régionales et d’autres bailleurs de fonds. A l’aide de ces données, il devient possible également de persuader la société civile, les parents et les opérateurs publics et privés à une meilleure contribution aux efforts consentis pour la promotion des services éducatifs.
Cela dit, les responsables des AREF et des Délégations doivent disposer des pré-requis nécessaires pour l’élaboration des plans de développement et d’assurer leur pilotage.


2. améliorer la gouvernance des AREF, par la mise en application de la nouvelle approche budgétaire basée sur la performance et la reddition des comptes, en conformité avec la législation en vigueur, et revoir la constitution des conseils d’administration des AREF dans le sens de leur responsabilisation et de leur redynamisation.

3. appliquer une politique de gestion appropriée basée sur la discrimination positive concernant les établissements scolaires accueillant des populations d’élèves dans les situations difficiles pour favoriser la réussite scolaire et lutter contre les déperditions scolaires. Ces établissements doivent être traités de manière privilégiée quant à leur financement et leur encadrement et doivent être doté d’un statut particulier régi par une loi.
EL HAMDI Mohamed AREF de Rabat.

RE: pour une école citoyenne [29/08/2009]
  Par: jamal moussaoui
je partage l'avis de Mr El Hamdi sur l' importance de revaloriser le système éducatif marocain en impliquant les aref et les délégations dans l' application rigoureuse des termes de la réforme:la distribution équitable des ressources publiques,tous pour une école citoyenne ou l' enseignant et élève seront au coeur de la réforme pédagogique.

 

  Recherche :
 
 

03/05/2010
"Quelles langues pour l'Ecole marocaine?" thème du troisième numéro de la revue Al-Madrassa Al-Maghribiya
 

Projet pour le « Développement du métier et des missions de l’inspection pédagogique »
Avis du Conseil Supérieur de l’Enseignement N° 03/09 relatif à l'Etat des lieux et perspectives des programmes d’éducation non formelle et d’alphabétisation